Moi, ce qui me fait drôle c’est de savoir que je dois mon existence à une bouteille de Jack Daniel’s.
Je m’explique. A l’époque, mon père taillait la route à bord d’un 38 tonnes, ma mère servait dans un routier. Ce soir-là, si mon père n’avait pas picolé une bouteille entière de ce bon vieux JD, sûr qu’il serait remonté dans son camion bien avant la fermeture. Et il n’aurait jamais pu raccompagner ma mère chez elle.
Or, c’est cette fameuse nuit que j’ai été conçu. La seule que mon père et ma mère ont jamais passée ensemble. Dès le lendemain matin, mon père a repris la route.
Ma mère ne l’a jamais revu.
Mais elle m’a raconté l’histoire de mes origines et depuis, chaque soir je fais honneur à ce bon vieux Jack. Je lui dois d’être en vie alors je trinque à sa santé. Jusqu’à en être ivre mort.
Les soirs où j’ai du bleu à l’âme, je ne peux pas m’empêcher de penser à ce qu’aurait été ma vie si mon père avait été buveur de verveine.