L'autre interroge :
— Pas moyen de l'affranchir ce gars ?
— Rien à faire. Il veut plaire à son croulant. Il les a tous empaumés. Son oncle, son frère Lucien, sa soeur. Un gars à la redresse, malin comme un singe.
— Tu dis qu'il était parti, il y a cinq ans. Où était-il allé ?
— On n'en sait rien. Il prétend qu'il a voyagé, mais où ? Personne ne peut le dire. Il a un boeuf sur la langue.
— Drôle d'histoire ! Il a sûrement quelque chose à cacher. Faut s'occuper de ça.
avoir un boeuf sur la langue
< mettre un boeuf sur la langue >
¶ Se taire, ne pas parler, être discret, savoir garder un secret ; acheter le silence
◊ Depuis que les journaux de Paris annoncent l'épuration de Marseille et une grande rafle sur la Côte d'Azur, tous ces hommes ont un boeuf sur la langue 1986 [1934] ◊ Personne n'est au courant ?... Personne ne moufte ?... Pas un simple boeuf mais un Himalaya sur la langue des grands Juifs ! 1937 ◊ Patron, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles. J'ai un boeuf sur la langue. Personne ne troublera 'notre' sécurité 1968 ◊ Le cochon était devenu monnaie d'échange, comme le boeuf jadis, au temps où «mettre un boeuf sur la langue de quelqu'un» voulait dire «acheter son silence» 1941
‡ Bous en grec signifie pièce d'argent et boeuf (avoir reçu de l'argent pour se taire) (GR) /