La paresse est un vilain défaut. Et elle est passablement énervante quand elle émane de votre collègue et implique que votre charge de travail augmente.*
Son profil. Pas trop vite le matin, doucement le soir. Il parle beaucoup de ce qu’il va faire, de ce qu’il est censé faire, mais ses promesses verbales ne sont jamais suivies d’actes. Son travail n’est jamais rendu à l’heure, il se la coule douce au bureau dès qu’il le peut et, forcément, vient un moment où c’est vous qui devez prendre en charge ses dossiers en retard. Il peut en revanche mettre beaucoup de son énergie et de son intelligence à se montrer « overbooké ». Il fait des allers-retours réguliers dans l’open-space à grandes enjambées, si possible avec un dossier sous le bras en poussant des profonds soupirs. Il clapote sur son clavier à longueur de journée à un rythme effréné. Bref, il brasse du vent.
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Autor
Pascale Kroll
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Mon collègue ne fait rien, ou pas grand-chose : que faire ?
Si la bière coule parfois à flots et l'eau s'écoule des montagnes, les verbes 'couler' et "s'écouler" ne s'appliquent pas qu'aux liquides et autres flux ; ils ont aussi une acception temporelle, puisque depuis le XVe siècle, on dit que le temps s'écoule et depuis le XVIIe, on parle de "couler des jours heureux".
Ainsi, une vie est bien du temps qui passe, qui s'écoule. Or il se trouve que notre expression, apparue au XIXe siècle, est simplement une forme elliptique de "couler une vie douce" (philosophie que nos amis italiens ont exprimé sous la forme "dolce vita" ou "vie douce"?).
Quant au qualificatif 'doux' appliqué à une vie vécue sans soucis et menée sans efforts, il vient bien sûr en opposition à la vie 'dure' que mènent des travailleurs qui triment pour subvenir à leurs besoins et qui ont rarement l'occasion de mettre les doigts de pieds en éventail comme ceux qui se la coulent douce.