Petites merveilles de symétrie, les alvéoles hexagonaux des gâteaux de cire que les abeilles aménagent dans les ruches pour y recevoir couvain et miel portent le nom de rayons. Dérivé de l’ancien français « rée », lui-même d’origine germanique, ce mot est souvent remplacé dans le jargon des apiculteurs par « bresche ».
Dès le 17e siècle, sans doute par similitude avec leur présentation, cette appellation de rayon fut donnée aux planches et casiers des armoires ou placards ainsi qu’aux étagères apposées sur les murs, tant des habitations que des boutiques.
Plus tard, avec le développement du commerce et surtout la naissance des grands magasins, offrant souvent l’aspect d’une véritable ruche, il fallut disposer de surfaces plus vastes pour chaque famille de marchandises. À leur tour, chacun de ces espaces prit donc ce nom de rayon, complété par leur spécificité : jouets, parfumerie, vêtements ...
Tout naturellement, on y affecta donc des employés spécialisés, sous la responsabilité d’un «chef de rayon ». Compte tenu de la profusion et de la diversité des articles proposés et afin de pouvoir guider et satisfaire au mieux la clientèle, ces vendeurs devaient faire preuve d’une parfaite connaissance des comptoirs qui leur étaient affectés.
C’est de là que naquit l’expression «EN CONNAÎTRE UN RAYON», ce dernier mot étant parfois précédé de «sacré». Peu à peu, dépassant la seule notion de magasin, celle-ci s’appliqua de façon plus générale à toute personne très compétente dans sa charge ou son métier.