L'amour du risque. Chez lui, qu'il soit assistant monteur, au faîte de la gloire, ou sur le retour, c'est toujours une découverte : 40 ans de cinéma français telle une invitation permanente à en savoir plus. Son récit est fait de cette étoffe de curiosité et de vivacité, croquant des saynètes où l'on apprend que les Allemands voulaient censurer un film léger de Christian-Jaque avec Mistinguett parce qu'ils n'aimaient pas son titre, Rigolboche, que les résistants avaient comme mot de passe un refrain d'une chanson de Rina Ketty, C'est ça qu'est chic, que les spectateurs de cinéma, considérés comme «oisifs et parasites», pouvaient être raflés par la police française à la sortie des salles et envoyés au Vél' d'Hiv'â qu'Alfred Greven, patron de la Continental, fidèle de Hitler, mesurait près de deux mètres et était un ancien pilote de la guerre de 14-18, que le tabac belge était à l'époque «une saloperie», que Maria Casarès était «du genre enquiquineuse»... et que la philosophie d'une vie bien remplie, selon l'amour du risque propre à Jean Devaivre, tient en une formule : «Quitte à être dans la gueule du loup, mieux vaut être entre les dents».