Il faut toujours accepter un CDD. En 1976, viré de L''Express pour avoir dit tout le mal qu''il pensait d '' Histoire d''O , film fortement soutenu par Jean-Jacques Servan-Schreiber, Gilles Jacob est engagé à mi-temps le lendemain par le festival de Cannes pour six mois non renouvelables, à 1 000 francs mensuels. Un an plus tard, dans les vestiaires du Tennis Club de Deauville, le ministre de la Culture, Michel d''Ornano, lui propose le poste de délégué général.
« Comme quoi on peut perdre en double et gagner un supporteur », commente malicieusement ce tennisman au redoutable lob de volée. En septembre 1977, Jacob est élu délégué général.
Vingt ans plus tard, le festival de Cannes est devenu la première manifestation artistique du monde. Pour son 50 e anniversaire, 2 000 journalistes se bousculent sur la Croisette. Vingt-huit Palmes d''or sont réunies sur la scène de la salle Lumière. Gilles Jacob, d''ordinaire impassible, fond en larmes. Une main se pose sur son épaule, il se retourne : c''est Anjelica Huston. « Ça va aller », lui glisse-t-elle à l''oreille.